Voir Antananarivo avec les yeux de Dany Bé

Les vidéos que je vous présente pour voir Antananarivo avec les yeux de Daniel Rakotoseheno, dit Dany Bé, sont tournées par la caméra d’Arte

Dany BéDany Bé, né en 1934 donc 80 ans, est un photographe malgache qui vit à Antananarivo où il est né, dans un quartier de la classe moyenne, avec ses 5 enfants..
Membre de l’Association des journalistes doyens de son pays, il a travaillé pour plusieurs journaux malgaches ainsi que pour les agences Gamma et Sygma.
Avec Dani Bé, c’est 53 ans de carrière dans la photographie, un vrai parcours engagé du regard, l’histoire à travers l’objectif de son Nikon !
Photographe-correspondant, il a sillonné les rues de la capitale et de nombreuses régions de la Grande Île, à la recherche de sujets forts pour ses photo-reportages. « J’ai parcouru les 110 fivondronana [communes] à travers mes images, cela m’a permis de connaître un peu mieux mon pays »

Cette équipe de télévision a eu l’excellente idée de filmer une balade en sa compagnie. La vraie vie !

Voir la collection de photos de Dany Bé

Dany Bé ne photographie plus, mais il garde précieusement son matériel et ses photos, qui témoignent de l’histoire du pays. Chez lui, où il conserve des trésors en images : combat de coqs, match de rugby, briquetiers, le dessinateur Doda, dans un « looks » (une gargote) ou aux urgences.

L’urbanisation et ses problèmes

La population de la capitale a plus que triplé depuis 1975. Elle offre de nombreux avantages notamment pour la vie quotidienne mais l’afflux de ceux qui veulent en profiter provoque des besoins croissants. Mais aussi des conséquences funestes comme la croissance du nombre de vols et d’attaques.
« C’est cela qui manque : une politique d’urbanisme, ou plutôt d’humanisation »

Les pêcheurs des marais

Avec la crise et le chômage, les Tananariviens tentent de gagner leur vie en pêchant, jusque dans les marécages.

Les sandales 4 x 4

Les pneus usagés trouvent une nouvelle vie. C’est une autre façon de survivre

Visiter la ville en taxi

Ici, la 2CV est encore un luxe.

2 façons de se restaurer

Au Café de la Gare façon VIP malgaches

ou au LOOK’S façon fast-food façon malgache (un régal : tête de porc avec du riz)

Qui est Dany Bé

Christiane Rafidinarivo, enseignante-chercheur, lui a posé quelques questions qui permettent de cerner un peu Dany Bé (« Convictions photographiques », Africultures 2/ 2003 (n° 55), p. 96-98)
  Pourquoi es-tu devenu photographe ?
Dany-Be : Pour témoigner.
  Es-tu célèbre ?
DB : Prison, violences, expositions, Afrique, Madagascar, Gamma, Sygma, oui, si tu veux.
  Que photographies-tu au juste ?
DB : L’histoire qui se fait, une certaine chronique sociale, les non-dits, ce qui interpelle de manière cruciale.
  Madagascar ?
DB : Madagascar. D’autres choses aussi mais Madagascar. Si. Les événements, l’histoire. Si.
  Pourquoi vos photos sont-elles appréciées ?
DB : Sont-elles appréciées ? Je pense surtout aux jeunes photographes. J’épaule les associations, je voudrais avec d’autres créer une Maison de la Photographie. Il y a seulement neuf photojournalistes à Madagascar. Mais il y a, rien qu’à Antananarivo, plus de 250 photographes professionnels, et autant à Tamatave par exemple. Beaucoup d’associations aussi. Partout, jusque dans les petits villages, il y a un studio photo, parfois de fortune dans un coin d’épicerie-bar ou de gargote.
  La diffusion des photos ?
DB : Tu te rends compte si de toutes les photos qui se font dans le pays, et il y en a de plus en plus, pouvaient circuler ? Des expositions itinérantes  ? Les Malgaches se verraient les uns les autres. Ils vivraient autrement cet espace. Au lieu de cela, ça reste dans les malles familiales. La photo malgache ne se montre toujours pas malgré la fin des années, (siècles ?), d’underground politique pour cause de censure. Et les photographes hésitent toujours à exposer leurs photos. Ils ont honte.
  Honte ?
DB : Ecrasement de siècles de censure sur l’image. On n’est même plus sûr de notre image.
  Quelle est l’image photographique de Madagascar ?
DB : L’exotisme insulaire. La misère. Les commandes institutionnelles qui font les images officielles.

Fidèle à l’argentique et au « noir et blanc », ses clichés retracent les événements socio-historiques avec, entre autres,  des photos d’hommes politiques qui ont marqué l’histoire de ce pays – le Général Ramanantsoa et le Colonel Ratsimandrava en train de rassurer la foule mécontente en 1972 – ou des photos racontant l’expulsion des Merina de Tamatave, le débarquement des insurgés Monima au port de Tuléar, le ras-le-bol de la jeunesse lors de la défaite de l’équipe malgache face aux Kabwe Warriors de Zambie en 1974, le malheur qui a frappé le Sud en 1992 par le kere  (la famine), fléau encore bien présent.

Daniel Rakotoseheno ne s’est jamais laissé dicter la manière de faire son travail. Il l’a parfois payé de prison.
Comme en septembre 1959, pour avoir pris des photos autour du camp militaire français de Fiadanana.
Comme le 13 mai 1972, quand le journal « Courrier de Madagascar » pour lequel il travaille est incendié.
Comme le 14 juillet 1983, quand la police politique, la DGID, lui confisque 2000 clichés – ce sera d’ailleurs selon lui son seul véritable regret – et l’enferme pendant 31 jours à Ambohibao.
Comme en 1971 quand il se retrouve en cellule pour 24h en Afrique du sud pour s’être permis d’entrer dans un restaurant réservé aux « Blancs ».

Annie

Moi ? Impossible de choisir !

« Le photojournalisme n’a rien à voir avec une photo d’illustration pour un texte, c’est tout un art. Les clichés doivent être expressifs et n’ont pas besoin de légende« 

Il le prouve comme Pierrot Men

Et si vous comparez avec Pierrot Men, quel est celui qui vous plait le mieux ?

Peut être le rencontrerez-vous au « Bon accueil », qui offre une vue plongeante sur la ville basse de Tananarive, un lieu où il retrouve ses amis de l’Association des journalistes (dont il est le secrétaire général).

A propos de l'auteur  ⁄ Voyagerlemonde

Editeur du blog voyage Voyager le monde, Annie voyage a travers le monde depuis de nombreuses années et partage avec vous ses carnets et récits, conseils et astuces pour vus donner envie de voyager. Rejoignez-moi sur mon profil Google+