Comment photographier en respectant les fady à Madagascar ?

A travers mes lectures sur les forums et dans des échanges avec mes futurs accompagnateurs, j’ai retiré des conseils précieux sur la photographie en voyage. Certes vous retrouverez certains de ces conseils ailleurs mais j’ai prêté une attention particulière à ce qui concerne la photographie et les fady, tellement spécifiques à Madagascar !

Les fadys

Complexe et diverse, la culture malgache comporte de nombreuses coutumes pouvant prendre des formes très diverses. Les « fady » – tabous, interdits – sont très ancrés dans l’esprit malgache. C’est une tradition très connue mais qui s’avère très compliquée en général héritée des ancêtres divinisés.

De plus les fady varient dans le temps et dans l’espace. Un tabou très respecté par une génération sera délaissé par d’autres. Ils se diversifient à travers toute  l’île même s’il existe des tabous communs. Ils sont liés à l’appartenance ethnique, à la sexualité, à la famille, à la communauté, à la religion, …

Mais ils ont ceci de commun qu’ils ont toujours leur raison d’être, leur utilité : pour préserver des éléments naturels – espèces animales ou végétales -, pour éduquer les membres de la communauté, pour limiter certains comportements périlleux …

La tradition de fady a un caractère obligatoire pour tout le monde, aussi bien les membres de la communauté que les étrangers.

Quelques exemples qui touchent :

  aux aliments (tortue, lémurien, porc …)
 le port d’habits d’une couleur particulière
 la baignade dans une rivière ou un lac comme le fait de ne pas pouvoir se baigner en plongeant dans le lac Tritriva, …

Vous trouverez un excellent article sur le sujet de Lala RAHARINJANAHARY, docteur en ethnologue, sur le site du tourisme d’Antsirabe.

Certains lieux dits « fadys » sont interdits aux étrangers et à la photographie.

Quelques conseils de savoir-vivre

  Ne pas s’embrasser en public
 Ne pas pratiquer le nudisme
 Ne pas porter de tenues indécentes à la plage ou a la ville
 Ne pas s’énerver ou hausser le ton et accepter le « mora mora » (doucement doucement) avec le sourire
 Éviter de montrer du doigt
 Ne pas être trop familier ou trop direct.
 Respecter les coutumes et les interdits (fady)
 Respecter les personnes âgées et le culte des ancêtres.
 En croisant un cortège funéraire, s’arrêter et ne pas prendre de photos

et soyez toujours en veille en regardant autour de vous ce que font les populations : vous évitez les bêtises et vous découvrez la population. tout bénéfice, non ?

S’équiper pour photographier

J’avais emporté :

  un filtre UV et n’étant pas une pro de la photo je n’en ai jamais eu l’utilisation
 un zoom permettant à la fois la photo animalière à courte distance (certains lémuriens sont vraiment peu farouches), comme à longue distance (l’Indri Indri vit lui dans la cime des arbres).
 des cartes mémoires ; mais j’avais aussi un portable dans lequel au maximum tous les 2 jours je déchargeais les photos, jouant ainsi le rôle du disque dur
 des batteries car je n’était pas sure de pouvoir recharger électriquement partout ; finalement en dehors du canal des Pangalanes, je n’ai eu aucun problème pour recharger ; je prenais juste la précaution d’avoir mes batteries (3 au total) pleines car j’ai tellement pris de photos que je voulais avoir l’esprit libre sur une journée complète ! Il faut juste ne pas oublier que le courant est fréquemment coupé de 22 h à 6 h, qu’il y a des délestages, … les renseignements par les hotels, la population, … permettent de jongler 😉

Le « droit » de photographier

Les Malgaches de manière générale ne sont pas particulièrement friands semble-t’il de se faire prendre en photo. Sans être forcément hostiles mais pas demandeurs, ils détournent assez facilement la tête. Le mieux est de leur demander la permission – un sourire en montrant l’appareil a souvent fait des miracles pour moi -, ce qui semble être la moindre des choses.

En revanche, les enfants dans les villages ont une attirance naturelle pour l’appareil. Là encore, si un adulte est dans les parages, demander l’autorisation.

Il semble aussi que souvent on demande d’envoyer les photos : ce sera une joie pour moi que ce contact et c’est volontiers que je prendrai les adresses pour leur envoyer les photos .

Les lieux dits fady (tabous). Toujours se renseigner avant sur la possibilité de photographier. On pense aux tombeaux mais les tombeaux malgaches ne ressemblent pas aux tombeaux français et il n’est pas si évident de les identifier. Et il est d’autres lieux fadys. Il peut arriver que l’on demande de payer quelque chose.

Notre petite histoire de fady

L’aide de notre chauffeur-guide a été précieuse pour ne pas enfreindre un interdit, ce qui pourrait être une source d’ennuis importants

tombeaux fady Pour illustrer le sujet, sur la route d’Ambalavao, le 21 avril 2011, Bodo -notre accompagnatrice-, nous montre quelque chose mais nous n’avons pas compris ce qu’elle voulait et elle nous a expliqué pourquoi elle montre avec l’index replié car pointer du doigt tendu est tabou. C’est quand elle nous a montre les tombeaux que je découvre cet interdit. Mais elle me confirme que je peux prendre la photo
Bref, des fady, il en existe plein. Il suffit d’observer et de questionner pour en découvrir peu a peu. Les plus évidents sont listés dans les guides ou indiqués par les gens. Les autres, on les rencontre par hasard.
et en respectant ces 2 principes

Ne pas critiquer leur culture
Ne pas se comporter en conquérant

vous ferez un merveilleux voyage et le plein de photos

A propos de l'auteur  ⁄ Voyagerlemonde

Editeur du blog voyage Voyager le monde, Annie voyage a travers le monde depuis de nombreuses années et partage avec vous ses carnets et récits, conseils et astuces pour vus donner envie de voyager. Rejoignez-moi sur mon profil Google+