Une réelle fascination pour les marchés
Dans quelque pays que je sois, dès que j’arrive, ma première visite est souvent pour le marché ou il sera au programme avant que je ne quitte les lieux. Là, je peux faire une connaissance sensuelle avec ses odeurs, ses couleurs, ses vêtements, ses habitants enfin.
Les débauches de senteurs quand je parcours les souks de Marrakech mais aussi les tons safran, rouge harissa ou vert feuille de menthe que l’on retrouve jusque dans les rues. Et les petites échuppes avec leurs bijoux, leurs cuivres rutilants, leurs vetements chamarrés … Evelyne et Fabienne, sur leur blog « Sur la route des marchés », les ont si bien illustrés, façon carnet de voyage
Si Marrakech, et sa place Djema El F’na, valent le détour, il existe des marchés plus authentiques car « non polués » par le tourisme de masse comme Taroudannt cahé dans les montagnes de l’Anti Atlas, Ouarzazate aux portes du désert, ou encore la cité impériale de Fez … Non que ces villes soient moins connues mais parce que les circuits dont trop souvent abstraction de leurs marchés alors que celui de Marrakech est « l’attraction incontournable » !
Et ceux que j’ai visités à Madagascar, comme le marché de Alakamisyambohimaha, m’ont confirmé que ce sont des lieux précieux de découvertes et de rencontres au plus proche des habitants, qui une fois la surprise et la curiosité passée vous parlent, vous expliquent ou essaient de répondre à vos questions (eh oui le langage des mains et les petits dessins sont souvent précieux)
Mais à nouveau loin des touristes que l’on voit sur Analakely ou La Digue (Tananarive) !
Et on trouve de tout sur les marchés. Des épices, des tissus traditionnels, des remèdes …. et si on va s’égarer du coté de Mbour au Sénégal, les touristes font le nez sur l’odeur du poisson – c’est vrai qu’elle est TRES forte – mais restez plus longtemps et attendez le retour des bateaux de peche – quel spectacle !
Les marchés et la nourriture de rue
Évoquer les marchés comme thème de voyage me conduit à évoquer la nourriture de rue (street food) car c’est souvent à proximité voir au travers des marchés que j’ai jusqu’ici croisé ces petits stands si agréables
Il s’agit d’aliments frais cuits devant ou tout préparés ;
Même si j’ai un peu plus de réticence dans ce dernier cas, je me suis de nombreuses fois régalée ainsi comme à Madagascar lors de ma balade en train.
et même il suffit de s’arrêter sur le bord de la route pour contenter sa gourmandise
ou auprès d’une fillette surgie de nulle part pour vendre quelques goyaves
C’est excellent et très souvent meilleur marché que dans tout restaurant.
Il y a aussi un caractère authentique à cette cuisine de rue car c’est ce que les gens mangent réellement, il suffit de voir ce qu’ils achètent et j’en fait autant. Miam !
Pour reprendre un ami qui découvrait ce mode d’alimentation pour la première fois (sur la place Djema El F’na à Marrakech) : Il se rappelle aujourd’hui encore après plus de 15 années passées, ce souvenir de repas pris sur les bancs de la place, le nez dans les fumées des petits restaurants ambulants, dégustant des produits aussi typiques que escargots, tripes, tètes de moutons grillées, harira, brochettes, viandes grillés, abats, tajines, couscous … et tout en discutant avec des habitants de Marrakech aux aussi en train de dîner assis sur le même banc !
C’est aussi un excellent moyen d’entamer une conversation avec les vendeurs, les autres clients et de se faire de nouveaux amis.
Et enfin à ne pas négliger, je participe à l’économie locale car c’est souvent la survie d’une famille qui est derrière. C’est d’ailleurs ce que j’aime à propos de l’alimentation de rue : souvent les portions sont petites, ainsi je peux mélanger et assortir différents plats de différents stands et manger beaucoup de petites assiettes au lieu d’un grand dîner tout en contribuant à aider plusieurs familles
Les marchés et les fleuves
Évidemment quand on associe marché et fleuve dans une même phrase, les touristes ont immédiatement à l’idée les marchés sur l’eau (en Asie surtout). Mais il faut chercher pour trouver « hors piste » touristique cette vie sur l’eau.
Mais je préfère partager une photo symbolique de l’alliance de ces 2 thèmes qui me sont chers quand je voyage
Il s’agit d’une photo prise lors d’un voyage au Niger. Le fleuve devient le moyen de transport.
La photo, et sa légende, me « parlent » sur 3 points :
le marché (celui de Boubon au Niger)
le fleuve (le Niger) comme lien de communication
et la vie qu’implique cette barque chargée à ras bord : échanges, transport, commerce, …
Comment porter jusqu’au marché ?
J’ai toujours été visuellement attirée par ce que j’appelle la troisième main
Pour transporter une charge, lourde ou légère, les femmes – et les enfants – la pose sur leur tête. Cette pratique a d’ailleurs façonné la démarche avec ce port de tête si caractéristique des femmes qui en est le signe.
Avantage que j’ai pu constaté : c’est que ce mode de transport se fait à l’aide de cuvettes, récipients de métal, … et donc diminue le nombre de sacs plastique !
Lorsque c’est jour de marché, les rues et routes qui y mènent sont tellement pleines de vie que c’en est incroyable. Et on y trouve toujours, sans aucuneffort social, quelqu’un avec qui échanger quelques propos et sourire franchement
Il y a bien sur tout un tas d’autres modes de transports, de personnes et de marchandises, parfois surprenants notamment par la surcharge comme ici vers le marché d’Ambalavao
Et comment n’être pas touchée par des scènes touchantes comme les enfants qu’on trouve paisibles ou même endormis dans les paniers.
Un article un peu ancien mais qui reste d’actualité permet de toucher du doigts ce qui peut se cacher derrière les sourires : Kayayos, courageuses filles du marché ( J.Leblanc avril 25, 2010)
Faites moi par de votre passion pour les marchés du monde, de ceux que vous avez « sentis » !